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| Nombre total d'images: 4 | Dernière mise à jour: 02/11/06 19:36 | Créé avec JAlbum 6.5 & Chameleon skin | Aide |
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JAZZ Á VIENNE
- Théâtre de Cybèle, lundi 10 juillet 2006 – Deux heures, les artistes ne disposent que de deux heures pour réaliser une œuvre ! Sans pour autant
négliger les
travaux de Claire GUERY et de Jean-Marc VOILLOT, mon attention se porte
sur celui
de Denise SAUZON. Elle joue le jeu avec sérieux et enthousiasme. C’est
une
habituée du « live » et c’est sa seconde année au festival de
jazz. Dans un premier
temps, sans se
stresser, elle installe le matériel à sa disposition : chevalet,
toile,
acrylique, et ne prend dans son sac que ses ustensiles habituels :
des
couteaux de différentes formes, des pinceaux, des chiffons. Il faut
coincer des
calles de bois derrière la toile, trouver le meilleur angle, non pour
assister
au concert mais pour jauger de la lumière. La musique s’écoute, avant
tout. De
la scène, Denise ne distingue qu’une partie du décor, l’affiche
agrandie du
festival créée par Bruno THERY : cabines de plage colorées en rose
et
jaune, dos du sanglier, fond oranger. Ces couleurs vont déterminer sa
palette. Son travail est physique.
Totalement
au début. Quelques traits au fusain simplement esquissés, prise de
recul, réflexions
intérieures. Denise prend son temps. Puis, son corps s’anime. Coincée
dessous
un tablier, sa robe légère bouge. Bien campée sur deux pieds, couteau
dans la
main droite, Denise se lance. D’abord le fond : des bruns, des
rouges, des
orangers. L’acrylique s’étale en fine couche par gestes souples. Les
traits se
succèdent. Bientôt la peinture recouvre toute la toile. Difficile
d’identifier
un objet. L’ensemble harmonieux n’est qu’une base. Puis peu à peu,
prennent
forme : un saxo à peine esquissé dans la partie gauche ;
presque au
milieu, trois tambours aux corps allongés. Quelques notes sur une
portée volent
au sommet, à droite. De temps à autre, Denise
s’arrête, boit,
discute, plaisante. Elle met en garde un enfant : s’il s’approche
trop
près, il risque de se tacher. Son regard s’évade ailleurs, dans ses
pensées,
probablement. Elle plonge sa main dans la réserve d’acrylique pour y
prendre un
tube. Maintenant il lui faut de la matière pour donner du relief à
cette
musique traduite en couleurs et mouvements. Les
notes s’effacent, se dissimulent sous d’autres traits, d’autres tons.
Peut-être
veut-elle signifier que tout jazz, digne de ce nom, n’utilise aucune
partition. Le
saxo s’emplit d’or, le corps de l’instrument luit, gonfle. Mais il
n’est pas
léché, il se fond dans l’ensemble. Le
mental, la main sont au service de la création. Le corps n’a plus
besoin
d’extérioriser le rythme. Denise est concentrée sur son travail. A 17 h 30, le temps
imparti s’est
écoulé. L’œuvre est considérée achevée. Elle l’est. Mais qui peut dire
si
l’artiste n’a pas encore envie d’ajouter, de modifier ? Les mains pleines
de peinture,
Denise regarde les travaux des deux autres. Des photographies sont
prises. Il
faut se séparer des toiles, le contrat l’exige. Il faut les porter,
encore
fraîches, à l’entrée du théâtre antique pour les accrocher sur des
cimaises
éclairées. Les spectateurs les verront en accédant au spectacle. Après
Jazz
Adami, Sixun , Joe Zawinul et le Big Band Köln, quelques-uns
s’arrêteront et
commenteront. Maintenant, les toiles
vont
poursuivre leur chemin. Elles sont à disposition de l’association,
seront
exposées pendant l’automne. D’autres artistes
improviseront
pendant toute la durée du festival. Plus tard, des amateurs de jazz,
séduits,
achèteront ces travaux, peut-être... France LESTELLE |